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Des Mots sur les Maux

Ecoutante Sociale & Chargée de Parcours Insertion

Vouée au social, madame T. a fait le pari de se reconvertir comme Assistante Sociale. Pour valider ce projet, elle s’investit, depuis bientôt 2 ans, dans une activité d’Ecoutante Sociale; qui l’a amenée, il y a quelques mois, dans le domaine de l’insertion socioprofessionnelle.

Pour respecter ses engagements d’anonymat en tant qu’Ecoutante Sociale, ainsi que ceux de son association SOS Amitié, je l’appellerai seulement madame T.. 

Après des études commerciales et des années dans le milieu bancaire, madame T. a souhaité redonner du sens à sa démarche professionnelle. En effet, elle appréciait la relation de conseil qu’elle entretenait avec ses clients ; mais elle ne supportait plus la pression des objectifs.

Elle a alors réalisé un bilan de compétences en 2022. Elle s’y est découvert une personnalité solaire : avenante, souriante, elle dégage une énergie positive, emplie de patience, de douceur et de tolérance. Elle a également pris conscience de son attitude naturellement tournée vers les autres : par réflexe, elle va se préoccuper du sort et du bonheur de chacun ; elle va y voir le meilleur et aura tendance à le valoriser. Et puis, son appétence, ressentie depuis des années, pour le social, la psychologie et la pédagogie, s’est confirmée. Aussi il lui a semblé évident de se reconvertir dans l’assistance sociale.

L’avantage de ce métier ? Il reprend les 4 axes de sa démarche de conseillère clientèle:

  • Ecouter et observer,
  • Analyser et comprendre,
  • Expliquer et accompagner,
  • Rédiger des comptes-rendus et des bilans.

 

Ils prennent seulement une dimension humaniste et bienveillante, avec le bénéfice de laisser le temps au temps, pour que les personnes en difficultés retrouvent un équilibre dans leurs vies.

Or, les études pour devenir assistante sociale sont longues: 3 années après le Bac. Néanmoins, il existe un double cursus, unique en France, proposé par l’Université City Paris 16, en collaboration avec l’Université Paris Rive Seine : ils permettent de passer en 1 an un BUT année spéciale Carrières Sociales ASS et de préparer en parallèle l’examen du DE ASS. Parcours lourd mais osé !

Qu’à cela tienne ! Après avoir étudié toutes les possibilités et faisabilités, madame T. était déterminée et prête à faire le sacrifice et l’investissement nécessaire pour concrétiser son projet.

« La bouche garde le silence, pour écouter parler le cœur. »

Avant de se lancer, elle a néanmoins décidé de s’investir, par prudence et à la fois par stratégie, dans une activité bénévole, proche de l’assistance sociale, en plus de son emploi de conseillère clientèle. Objectifs ? Prendre conscience de la réalité et des facettes du métier, vérifier son aisance et sa capacité émotionnelle à l’exercer dans la durée, se développer un réseau, et surtout, se doter d’une 1ère expérience pour appuyer ses dossiers de candidature auprès des écoles et des financeurs.

Elle a en effet choisi de devenir Ecoutante Sociale au sein de l’association SOS Amitié.

D’envergure nationale, cette association a été créée en 1960, en s’inspirant de l’action des Samaritans en Angleterre. Elle comprend aujourd’hui environ 1900 bénévoles qui, au téléphone, à la messagerie et au chat, font vivre ses 62 antennes d’écoute réparties sur toute la France.

Sa vocation ? Prévenir les suicides, notamment chez les jeunes qui subissent du harcèlement scolaire, et les dépressions. Elle mise pour cela sur une écoute neutre et une voix chaleureuse, qui accueille la parole de toute personne en difficultés qui ressent le besoin d’être entendue, écoutée dans sa détresse.

 

De manière anonyme, chaque appelant(e) a ainsi la possibilité de rompre sa solitude ; de mettre des mots sur sa souffrance, de prendre du recul, de desserrer son angoisse ; de confesser des secrets inavouables à son entourage, sans crainte du jugement ou de représailles ; de reprendre confiance en ses propres ressources et de retrouver, pour certains, le simple goût de vivre.

C’est le POUVOIR DE L’ANONYMAT !

Reconnue d’utilité publique, elle est soutenue par le Ministère de la Santé et de la prévention. Elle  bénéficie aussi de l’appui d’ambassadeurs de renom :

Christophe MALAVOY

« Ceux qui écoutent, font à mon sens bien davantage pour rompre la solitude et la détresse d’un nombre toujours plus grand de personnes. Écouter, c’est prendre le temps de regarder ce qu’on ne voit pas toujours avec les yeux. »

« Malgré les réseaux sociaux et l’hyper-communication dans laquelle notre époque semble baigner, certains d’entre nous n’ont jamais été aussi seuls et désemparés ! Cette disponibilité, cette écoute sont donc plus que nécessaires et bienfaisantes dans un monde devenu encore plus violent et incertain qu’auparavant.»

Natalie DESSAY

L’antenne d’Orléans accueille aujourd’hui 40 bénévoles, retraités ou encore en activité, issus de tout horizon professionnel : ressources humaines, enseignement, cartographie, médecine… Majoritairement domiciliés sur Orléans, deux d’entre eux sont originaires de Montargis et sept autres viennent de Blois. D’ailleurs, suffisamment nombreux sur ce secteur, l’association est actuellement en train d’y ouvrir une antenne.

Elle emploie également 5 psychologues prestataires dont 4 se répartissent les animations des groupes de partage et, le dernier se charge de former les nouveaux écoutants. Pourquoi ? Parce que…

« Parler est un besoin, écouter est un art. »

Madame T. a donc débuté en novembre 2022. Pendant un an, elle s’est rendue tous les lundis sur Orléans : après un coaching de 6 mois en double écoute, elle s’est lancée en solo en mai 2023. Depuis mars dernier, elle continue l’écoute, mais depuis chez elle.

Elle réalise 12 à 16h d’écoute / mois, qu’elle se répartit en fonction de ses disponibilités : les lundis, les soirs et les week-ends (samedis ou dimanches). Chaque appel dure en moyenne 20 minutes ; mais il arrive que cela puisse durer un peu plus longtemps en fonction de la détresse exprimée (entre 30 à 45 minutes).

Pour elle, peu importe la durée, l’importance est d’empêcher un passage à l’acte, d’apporter un peu de lumière et de chaleur dans l’esprit et le cœur des appelants.

« Quand nous cessons d'écouter, nous cessons d'aimer. »

Une fois toutes les 3 semaines, elle se rend à Orléans, pour participer à des groupes de partage. Chacun dure 2h environ. Leur objectif ? Permettre aux écoutants d’échanger entre eux et avec le psychologue sur les écoutes difficiles, accorder un temps et un espace pour extérioriser des émotions fortes, pour apprendre des uns et des autres, pour inviter à des remises en question. Et cela en toute simplicité et humilité !

« Réfléchir, c'est écouter plus fort. »

Ces réunions sont aussi l’occasion de s’enrichir par le biais de formations internes animés par les psychologues, sur diverses thématiques telles que « Comment écouter la folie ? », « L’Ecoute par Tchat », « Les Violences Intrafamiliales ».

Après un an et demi de pratique, madame T. se trouve enrichie humainement. Elle a en effet changé sa façon d’écouter: elle a appris à entendre entre les mots, entre les intonations, entre les rythmes, entre les souffles. Elle se rappelle aussi que derrière une voix, il y a une personne, avec son identité, son histoire, ses fragilités et ses détresses. Son seul regret : ne parvenir à répondre qu’à 1 appel sur 5 !

Cette expérience d’Ecoutante Sociale lui a permis d’être recrutée, fin mars 2024, par la Maison du Département de Montargis, pour participer à l’expérimentation de la réforme du revenu de solidarité active, visant à lier le versement de l’allocation à la réalisation de 15 à 20 heures d’activité par semaine.

Elle a ainsi intégré une Equipe d’Accueil Inconditionnel de 15 travailleurs sociaux, composée d’assistants sociaux, de conseillers en insertion professionnelle et de chargés de parcours insertion.

En tant que chargée de parcours insertion, madame T. intervient à la 1ère étape du parcours expérimental. Dans le cadre d’un accompagnement de 2 mois, renouvelable sans durée limitée, elle reçoit 1 fois / mois, et dans la bienveillance, les bénéficiaires du RSA : les plus précaires orientés par les assistants sociaux et, les nouvellement inscrits.

Son objectif ? Mettre à jour leurs dossiers, leur rappeler leurs Droits et leurs Devoirs, les remettre dans une dynamique, identifier leurs freins à l’emploi (financiers, mobilité, garde d’enfants, hygiène, médical…), définir et suivre, avec eux, les actions à mener pour les traiter, avant de les orienter vers France Travail.  

Elle assiste aussi aux Commissions, composées de représentants de la Maison du Département, le CCAS, la Mission Local et France Travail, qui statuent sur la suspension totale ou partielle des allocations, en cas d’absences injustifiées aux suivis mensuels ou de passivité.

Elle couvre le secteur de l’agglomération montargoise, mais aussi le secteur de Lorris et de Courtenay. Elle accompagne ainsi une soixantaine de demandeurs d’emploi. En un peu plus de 3 mois, elle a orienté 5 bénéficiaires de ce parcours vers France Travail, prêts pour construire un projet emploi ou formation.

Formée en interne, madame T. découvre aujourd’hui le travail « en mode projet », l’amenant à rencontrer et collaborer avec des partenaires pluridisciplinaires internes et externes. 

Cette nouvelle expérience, cette fois-ci professionnelle, renforce son envie d’être une future Assistante Sociale !

Rédigé par Delphine Bisson – Bilan de Compétences – Orientation Scolaire – Coaching Emploi sur le Loiret

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